Lettre a ton corps défendant  

laviestbelle306 49F  
25 messages
4/5/2018 4h20
Lettre a ton corps défendant

Je voulais ce matin poser sur ce papier blanc, toutes les envies pas très catholiques que tu m’inspires, toi de l’autre côté de mon écran.

Avant tout, sache que j’ai plaisir à parcourir ce que tu m’envoies quotidiennement, le corps est beau, le discours poli.

Je regarde ces photos glacées, je lis de jolis mots alignés dans un mail érotique bien propret. Mon imagination comme devant un tableau de maître se permet d’imaginer le contexte, la suite ......

Je pourrais presque dire que je connais par cœur ton corps, tellement j’ai pu le détailler sur ces photos dénudées. Sentais-tu mes doigts glisser le long de tes jambes, sur tes fesses, dans ton dos ? Je pourrais pousser jusqu’à dire que ton sexe n’a pas plus de mystère pour moi, tes images ayant dévoilées sa nature.

Mais il me manque ton odeur, ta saveur, ta chaleur…

Certaines images m’inspirent, et tu le sais. J’aime ces photos où la lumière joue avec ton corps. Où l’on te devine entre deux ombres, entre deux vêtements. Ces images où tu t’offres à moi, le temps d’un cliché vite fait, dans un coin de ton salon, de ta chambre ou de ta voiture.

Nous correspondons depuis plusieurs semaines maintenant, les échanges ont étrangement évolués. Toi au départ très cru dans tes propos, mordant, arrogant, comme pour jauger de ma capacité d’acceptation. Moi, prudente aux commentaires acerbes mais fuyante.

Et puis au fil du temps les rôles s’inversent.

Tu te transformes en guimauve sage et trop poli. Moi au contraire, je me libère et suis avide de ta puissance.

Étrange jeu de chassé-croisé.

Cela m’agace.

Quand dans nos échanges tu m’imagines putain d’un autre avant de t’approprié avec douceur mon corps, souillé du foutre de l’autre. Soumise et offerte à tes mains.

Cela m’agace.

Je voudrais te frustrer des heures durant pour m’avoir désiré comme ça.

Je t’imagine hardi, fière et impétueux.

Je me vois féline, farouche et insoumise.

Je voudrais t’emmener dans un combat qui n’aura d’autre finalité que de nous voir jouir…

Viens accroche toi à mes hanches je t’emmène. Je vais te désirer tellement fort que ton corps va se livrer tout à moi. Mes mains, mes lèvres et ma langue veulent apprendre ses endroits qui te font frémir. J’ai tout mon temps. Je veux tout connaître de ce corps couché sur papier glacé.

Viens par-là, glisse-toi brulant contre moi.

Aujourd’hui j’ai envie de te fouiller, avec méthode, avec envie et curiosité.

Je veux admirer tes muscles qui fuient mes doigts, je veux contempler ta peau qui frémie.

Je veux me bercer de ta respiration chancelante. Je veux m’étourdir de ton odeur. Je veux percevoir tout tes soupirs.

Aujourd’hui je désire viscéralement être ta maîtresse, comme jadis ces femmes de joie, guidant tes émois, jouant de certains plaisirs qui te sont encore méconnus et que tu aimeras tant.

Je veux te sonder, je veux t’observer. Longuement. Attentivement. Patiemment.

Je veux te voir bander sous mes caresses, triquer comme jamais, en espérant que je t’offre mon antre. Je veux te voir supplier, demander grâce et enfin abdiquer.

Tu seras ainsi offert ! Toi le mâle dans toute sa complexité.

La verge haute et le verbe faible.

Et moi, je me sentirais si forte… Si belle. Si désirable.

Ne te méprends pas, je ne veux pas t’asservir, ni te malmener. Je veux juste t’offrir ce répit auquel tu prétends. Ce moment où tu n’es plus là pour assumer, gérer ou guider la danse.

Laisse-moi être le machiniste de nos ébats… Je te conduirais à bon port. Je te le promets.

Rassure-toi ! J’ai appris avant de venir jusqu’à toi.

Peut-être même que je ne les ai appris que pour toi... Qui sait.

Je suis allée chercher, depuis mes premiers émois, toutes ces clés, toutes ces pratiques, tous ces sortilèges…

pour ton bon plaisir.

J’ai appris, j’ai pratiqué.

Je me suis trompée, j’ai essayé, je me suis laissé enseigner.

J’ai goûté aux plaisirs purs, aux plaisirs sauvages et aux plaisirs sages.

J’ai imposé et subi ; j’ai adoré et détesté, j’ai été humiliée et honorée ; j’ai trahi et été trahie ;

J’ai joui, j’ai eu mal ; j’ai baisé, j’ai aimé…

J’ai appris de tous ces corps, de toutes ces verges, de toutes ces peaux.

J’ai goûté à leurs promesses de plaisir et de jouissance.

J’ai écouté leurs respirations, scruté leurs frissons, observé leurs érections.

J’ai perçu leurs murmures, été assourdi par leurs silences.

J’ai étudié, enregistré, consigné.

Je suis aujourd’hui un guide en la matière, comme un routard. Il reste encore quelques pages à écrire.

On apprend de chaque main qui nous caresse. Que vais-je apprendre de toi ? Quelles traces laisseras-tu dans mes pages ?

L’essentiel est là, gravé dans ma chair, pour te conduire vers les catacombes du plaisir.

Je serais ta nymphe le temps d’un moment de grâce, ton ange à la queue fourchue, ton obsession...

Je m’offrirai à toi quand ton désir sera tellement intense que tu ne sauras plus si tu me désires ou si tu me hais.

Je ne me donnerai que quand dans tes yeux la fureur de l’envie sera trop forte, quand je serais devenue ta tentation absolue, quand ton corps me réclamera à grands cris.

Je ne t’ouvrirai mon antre que quand j’aurais repu mes mains, ma bouche et ma langue de toutes ces parties de ton corps que je brûle de connaitre. Quand ta peau sera tellement électrifiée que l’effleurement de mes cheveux pourra suffire à te faire venir. Quand ton écorce ne sera plus qu’un frisson incessant et perpétuel.

Quand enfin tu auras décidé de te livrer sans réserve, alors là je t’accueillerai dans ma moiteur.

Je m’ouvrirai bien grande pour que tu trouves facilement le chemin. Je te laisserai croire que je te suis acquise. Je te laisserai t’enhardir. Je te regarderai reprendre brièvement le contrôle. Puis je te frustrerai encore.

Je te veux soumis à ma douce volonté pour ton plus grand plaisir.

Quand tu auras rendu les armes, dans leur totalité, je te libèrerai.

Cette force et cet appétit que soudain tu dégageras feront de toi, un instant, un satyre prêt à prendre sa nymphe avec fougue.

Exigeant. Fiévreux.

Et moi, je me donnerais sans réserve aucune.

Je deviendrais ta putain, ta trainée. Le temps d’une nuit.

Je te laisserai souiller mon corps pour assouvir ce désir impérieux que j’aurais fait grandir en toi.

Je te suivrai dans tes expéditions féroces. Nos corps se livreront à un drôle de ballet, une course folle pour la mise à mort du toréador.

Mais dis-moi… Lequel de nous deux est le toréador ?


iresumi13 38H
5 messages
5/5/2018 4h35

Hmmmm torride
Il va prendre cher lol


effer2910 54H  
4544 messages
5/5/2018 13h09

Bon Dieu que tu écris bien

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L'être idéal ? Un ange dévasté par l'humour.
E.M. Cioran


laviestbelle306 replies on 5/5/2018 13h32:
merci

TallmanQc1981 36H
3 messages
5/5/2018 18h31

Très beau texte! Tout en exprimant ton désir


REDMAMBA5 61H  
12013 messages
6/5/2018 1h08

Je rejoindrai mon pote EFFER, c'est un texte très bien écrit. Propos hot et excitants mais écrit de manière soft et non vulgaire. Quel chance a cet homme!! D'une part de te désirer et d'autre part de te rejoindre un jour!!

Bisous.

Didier.

Ne faites jamais rien contre votre conscience même si l'état vous le demande.

ALBERT EINSTEIN


coppilote1955 62H
591 messages
6/5/2018 5h10

wouha tu me surprends à chaque fois voisine ! Serais tu entrain de tomber amoureuse ? D'autre part j'aime ta manière d'écrire c'est trop beau et tu deviens si "attachante" gros bisous Isa !


blonde_tpulpeuse 44F  
2 messages
8/5/2018 13h51

j'adore ton texte plein de vigueur tout en étant délicat


mycoventgarden 48F  
242 messages
10/5/2018 11h30

Je suis comme copilote... ça respire la femme amoureuse... enfin presque... pas totalement... qui hésite... qui doute... juste un peu... mais qui sait déjà...
Il faut dévorer ces moments uniques, même virtuels ils sont uniques et peu importe la suite


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